Un peu d'histoire

Depuis la chute de l'Empire en 1870 et la proclamation de la IIIème République le 4 septembre, le gouvernement de la France n'est représenté sur les timbres-poste que par des allégories.

De 1870 à 1874, la France hésitait encore entre la République et la Monarchie, progressivement les partisans de la monarchie se rallient pour une grande part aux républicains conservateurs, ce qui permit au début de l'année 1875 l'adoption des lois fondamentales qui forment la constitution de la IIIème République.

Les timbres-poste en cours rappelant ceux de la République de 1848, le ministre des finances Léon Say ouvre un concours "pour la création d'un nouveau type de timbres-poste, répondant par la composition et la vignette au régime politique de la France".

Le ministre spécifiait que le sujet pouvait comporter soit une ou plusieurs figures, soit une ou plusieurs têtes emblématiques, ces figures ou ces têtes personnifiant la France, le Commerce, l'Agriculture, l'Industrie, la Loi, la Justice et les Arts, sans toutefois, avoir de caractère politique.

C'est le 9 août 1875 que paraît au J.O. le texte ouvrant le concours et invitant tous les artistes français à participer, 440 projets furent soumis au jury, le résultat sera publié au J.O. du 14 septembre 1875. 

C'est le projet présenté par Jules-Auguste SAGE, peintre d'histoire qui fut choisi. Ci-dessous autoportrait de l'artiste réalisé en 1880.

 

 

Ci-après, le dessin du peintre Jules-Auguste SAGE qui reçu le 1er prix d'une valeur de 1500 francs.

Un groupe allégorique représente la Paix (à gauche) et le Commerce (à droite) s'unissant et régnant sur le monde.

 

 

Bien qu'il corresponde parfaitement à l'esprit voulu, le dessin n'est pourtant pas conforme aux exigences du concours, ainsi l'indication de la valeur faciale du timbre-poste ne ressort pas sur fond blanc, elle se trouve directement  placée sur la mappemonde.

La commission du concours demandera des modifications pour placer le chiffre de la valeur faciale dans un cartouche.

Par ailleurs, le ministre des finances, à la recherche d'économies, avait décidé de retirer à l'atelier de la monnaie de Paris la fabrication des timbres-poste. Sous la direction de Monsieur Hulot, cet atelier fabriquait depuis 1848 les timbres-poste français.

C'est par courrier en date du 30 juillet 1875 que le ministre signifiait à Monsieur Hulot sa décision, et c'est la Banque de France qui est retenue pour fabriquer dans son atelier au 36 rue de Hauteville à Paris les nouveaux timbres-poste.